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La régulation naturelle des ravageurs en viticulture

Date de publication 01/06/2018

La régulation naturelle des ravageurs de la vigne et particulièrement des tordeuses de la grappe (Lobesia botrana et Eupoecillia ambiguella) s’exerce à tous les stades du ravageur et grâce à la présence de nombreux parasitoïdes et prédateurs y compris les oiseaux et les chauve-souris. Cependant il est difficile de corréler cette prédation à la présence d’habitats semi-naturels présents dans le paysage viticole sauf pour les oiseaux et les chauve-souris. Contrairement aux cultures annuelles, les cultures permanentes comme la vigne peuvent héberger une partie de ces arthropodes auxiliaires.1

Ces deux ravageurs peuvent causer des pertes de récolte si les populations sont importantes et faciliter l’installation de la pourriture grise. La confusion sexuelle permet aujourd’hui de contrôler ces ravageurs, de même que l’utilisation du Bt.

Le projet BIOCONTROL, porté par plusieurs organismes, s’est attaché à étudier comment la complexité du paysage influençait la régulation de la tordeuse. 20 parcelles de vigne de Merlot, Pinot noir et Carignan ont été suivies entre 2013 et 2015 dans 3 régions : Aquitaine, Roussillon net Bourgogne. Ces parcelles n’étaient pas soumises à la confusion sexuelle mais étaient sous traitement obligatoire contre la flavescence dorée. Le pourcentage d’habitats semi-naturels dans un rayon de 1 km variait de 0,5% à 68%.

Les mesures de la régulation naturelle des tordeuses (Eudémis, Cochylis) ont été faites à tous les stades de leur développement. Le tableau suivant présente les niveaux de prédation et de parasitisme atteints. Les suivis fait sur la pyrale (uniquement présente en Bourgogne) et sur les acariens phytophages montrent que le contrôle biologique s’exerce totalement.

Tordeuse

Stade

Moyen de mesure

Taux

Parasitoïdes

Eudémis (Lobesia botrana)

Parasitisme larvaire

Prélèvement de chenilles, élevage et analyse du parasitisme

de 5 et 9,7 %

Campoplex capitator (Aq et Bo) et Phytomyptera nigrina, Diadegma fenestrale et C. capitator (Ro)

Cochylis (Eupoecillia ambiguella)

Prédation larvaire 1ére et ème générations

Sentinelles proies et comptage des chenilles prédatées

53% à 64%

Araignées, opilions, punaises, forficules et chrysopes

Eudémis

Prédation des œufs

Sentinelles et comptage œufs viables

16% à 61%

Araignées, opilions, punaises, forficules et chrysopes

Eudémis

Prédation et parasitisme des chrysalides estivales

Sentinelles avec chrysalide avec évaluation en laboratoire

6 à 14%

Araignées, opilions, punaises, forficules et chrysopes

Eudémis

Prédation et parasitisme des chrysalides en hiver

Sentinelles avec chrysalide avec évaluation en laboratoire

31 à 43%

Itoplectis tunetata, Dicaelotus inflexus, Itoplectis alternans et ischnus alternator

Pyrale de la vigne (Sparganothis pilleriana)

Chenilles (présence uniquement en Bourgogne)

Prélèvement et analyse des chenilles

37%

17 espèces de parasitoïdes dont Gelis agilis, Meteorus fenestrale et bassus tumidulus

Acariens phytophages (Panonychus ulmi, Eotetranychus carpini)

 

Prélèvements et analyse

Contrôle total

Phytoseiidae : Typhlodromus pyri et Kampimodromus aberrans

En plus de la mesure de ce contrôle biologique réalisé par des arthropodes, il a aussi été observé la présence d’oiseaux et de chauve-souris qui exercent aussi une prédation importante même si celle-ci est difficile à estimer. Ainsi 50 espèces d’oiseaux ont été dénombrées dont 64% d’insectivores comme la fauvette à tête noire ou le pouillot véloce. Le suivi des chiroptères réalisé uniquement en Bourgogne a permis d’identifier pas moins de 15 espèces (notamment Pipistrellus pipistrellus, Pipistrellus kuhlii et Eptesicus serotinus) avec une moyenne de 6 espèces par parcelle.

Les recherches doivent donc être poursuivies pour aller plus en profondeur en identifiant chaque milieu semi-naturel et en recherchant quelles espèces végétales inter-agissent. Elles montrent déjà qu’il est possible de se sortir des traitements insecticides et que l’installation de nichoirs (pour oiseaux et chauve-souris) constitue une réelle opportunité.

A lire aussi le document de l’ITAB : http://www.itab.asso.fr/downloads/Fiches-techniques_viti/viti vers grappe.pdf

 

Références

1 Biodiversité fonctionnelle : effet de l’environnement paysager d’une parcelle de vigne sur la régulation de ses ravageurs (BIOCONTROL). Innovations Agronomiques 63: 139-161., Sentenac G, Rusch A, Kreiter S, Bouvier J-C, Thiery J, Delbac L, Thiery D, Lavigne C, Madejski M, Guilbault P, Guisset M, Tixier M-S, 2018.

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